Guide éditorial

Comment devenir enseignant·e en France

Devenir enseignant en France suppose aujourd'hui un master et la réussite à un concours national. Près de 850 000 enseignants exercent dans les premier et second degrés publics, pour un salaire net médian voisin de 2 500 euros mensuels en début de carrière, et environ 3 710 euros pour les personnels d'encadrement éducatif confirmés.

Un parcours universitaire désormais aligné sur le grade master

Depuis la réforme de 2010, confirmée et ajustée en 2019 puis en 2025, l'accès aux métiers de l'enseignement passe par un cursus universitaire de cinq années après le baccalauréat. La voie principale demeure le master Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF), proposé dans les Inspé rattachés aux universités. Quatre mentions structurent l'offre : premier degré, second degré, encadrement éducatif et pratiques et ingénierie de la formation. Les candidats issus d'une licence disciplinaire (lettres, sciences du langage, sciences humaines, mathématiques, théologie protestante pour l'enseignement privé sous contrat) peuvent rejoindre un MEEF en M1, ou préparer un concours par une autre voie, notamment via un master recherche complété par une préparation spécifique. Le master Métiers de l'éducation et de l'encadrement éducatif (M3E) s'adresse plus particulièrement aux futurs conseillers principaux d'éducation.

Les concours, étape déterminante

L'entrée dans la fonction publique enseignante reste conditionnée à la réussite d'un concours national. Le CRPE recrute les professeurs des écoles, le Capes et l'agrégation les enseignants du second degré, le CAPEPS les professeurs d'éducation physique, le CAPLP ceux des lycées professionnels, et le concours de CPE les conseillers principaux d'éducation. À partir de la session 2025, ces concours sont placés en fin de troisième année de licence pour le premier degré, ce qui modifie sensiblement la temporalité du parcours. Les taux de réussite varient fortement selon les disciplines : tendus en lettres classiques, mathématiques ou allemand, où des postes restent vacants chaque année, ils sont nettement plus sélectifs en histoire-géographie, EPS ou sciences économiques et sociales. La préparation spécifique reste indispensable, notamment pour les épreuves orales d'admission.

Voies professionnelles et passerelles

Plusieurs trajectoires alternatives existent. Les assistants d'éducation, recrutés au niveau bac+2 pour exercer comme surveillants ou AED en préprofessionnalisation, peuvent financer leurs études tout en s'initiant au métier ; le dispositif de préprofessionnalisation, ouvert dès la deuxième année de licence, permet de cumuler emploi à temps incomplet et formation universitaire avec une rémunération progressive. Le CQP Coordinateur de vie scolaire, de niveau 6, offre une qualification reconnue pour les fonctions d'encadrement éducatif hors statut de la fonction publique, notamment dans l'enseignement privé. Les contractuels, recrutés par les rectorats sur dossier pour pallier les manques, constituent une voie d'entrée pragmatique mais sans garantie de titularisation : ils représentent environ 8 % des effectifs du second degré public. Une reprise d'études via la VAE ou un master en formation continue permet aussi aux professionnels en reconversion de viser les concours internes.

Conditions d'exercice et perspectives de carrière

Une fois titularisé, l'enseignant relève du régime de la fonction publique d'État. La rémunération progresse selon une grille indiciaire à onze échelons, complétée par des indemnités (ISOE, REP, heures supplémentaires). La revalorisation engagée depuis 2023 a porté le salaire des débutants au-delà de 2 100 euros nets mensuels, prime d'attractivité incluse. La carrière peut s'orienter vers l'encadrement (direction d'école, personnel de direction via le concours de perdir, inspection), la formation (formateur académique, professeur en Inspé) ou des fonctions transversales au sein des rectorats. La pension, calculée sur les six derniers mois de traitement indiciaire, atteint en moyenne 3 140 euros bruts mensuels à 67 ans pour une carrière complète de cadre A. La mobilité géographique demeure cependant un point de vigilance, particulièrement lors des premières affectations.

Le métier d'enseignant articule exigence académique, sélection par concours et stabilité statutaire. Les réformes récentes des MEEF et le déplacement du concours en fin de licence redessinent le calendrier de formation, sans modifier la double épreuve universitaire et concursive. Les voies para-enseignantes, du statut d'AED au CQP Coordinateur de vie scolaire, constituent autant de portes d'entrée vers les fonctions éducatives au sens large.