Guide éditorial

Comment devenir médecin en France

Devenir médecin en France suppose un parcours d'au moins neuf années d'études après le baccalauréat, sanctionné par un doctorat d'État. À la clé, un revenu net médian de 3 710 euros mensuels pour les généralistes en exercice, selon les données disponibles.

Une première année désormais réformée

Depuis la rentrée 2020, la réforme du premier cycle a supprimé la PACES et le numerus clausus au profit de deux voies d'accès aux études de santé. La première, le Parcours d'accès spécifique santé (PASS), propose une année centrée sur les enseignements de santé assortie d'une mineure disciplinaire. La seconde, la Licence accès santé (L.AS), s'organise autour d'une licence disciplinaire (droit, sciences de la vie, psychologie, etc.) complétée par une mineure santé. Les deux filières donnent accès, par concours ou examens, aux études de médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie et kinésithérapie. Les capacités d'accueil sont désormais fixées par chaque université en concertation avec l'agence régionale de santé, en fonction des besoins territoriaux. Le taux de réussite varie sensiblement d'une université à l'autre, mais la sélectivité demeure forte, avec des taux d'admission souvent inférieurs à 20 %.

Externat et internat : six années supplémentaires

Après l'admission en deuxième année, les étudiants suivent un externat de quatre ans alternant cours théoriques et stages hospitaliers, qui débouche sur le diplôme de formation approfondie en sciences médicales, équivalent du master. L'année de sixième année s'achève par les Épreuves dématérialisées nationales (EDN), qui ont remplacé en 2023 les épreuves classantes nationales. Ces examens déterminent, selon le rang de classement et les vœux exprimés, la spécialité et la subdivision géographique d'affectation pour l'internat. L'internat de médecine générale dure trois ans et porte le titre de diplôme d'études spécialisées (DES). Les internes y exercent comme médecins en formation, rémunérés, avec une montée progressive en autonomie. La thèse d'exercice, soutenue en fin de cursus, ouvre le droit d'exercer et confère le titre de docteur en médecine, diplôme inscrit au RNCP au niveau 7.

Les modalités d'exercice après le diplôme

L'inscription au tableau de l'Ordre des médecins est obligatoire avant tout exercice professionnel. Le jeune diplômé peut s'installer en cabinet libéral, exercer comme salarié hospitalier, intégrer un centre de santé ou opter pour des formes mixtes. En 2023, environ 60 % des généralistes exerçaient en libéral ou en exercice mixte, le reste se répartissant entre l'hôpital public, les structures privées et la médecine de prévention. Le secteur conventionnel d'installation, secteur 1 ou secteur 2, conditionne les tarifs pratiqués et le niveau de prise en charge par l'assurance maladie. Les zones sous-dotées, identifiées par les ARS, donnent accès à diverses aides à l'installation, primes forfaitaires et exonérations fiscales temporaires. La démographie médicale reste préoccupante : la densité de généralistes a reculé d'environ 10 % entre 2010 et 2022 selon la DREES.

Rémunération et perspectives de retraite

Les revenus varient fortement selon le mode d'exercice, la spécialité et la zone géographique. Le revenu net médian des généralistes libéraux s'établit autour de 3 710 euros par mois, mais les écarts entre déciles sont importants, en particulier en fonction du volume d'activité et du secteur conventionnel. Côté retraite, les médecins libéraux relèvent de la CARMF, caisse autonome qui combine un régime de base, un régime complémentaire et un régime des allocations supplémentaires de vieillesse (ASV) financé en partie par l'assurance maladie pour les praticiens conventionnés. Sur la base d'une carrière complète, la pension projetée à 67 ans atteint en moyenne 5 208 euros bruts mensuels, soit un taux de remplacement nettement supérieur à celui observé dans le régime général, mais qui suppose des cotisations conséquentes tout au long de la carrière.

Le parcours menant au doctorat en médecine demande un engagement long et exigeant, mais débouche sur un métier dont la stabilité professionnelle et la rémunération restent parmi les plus élevées des professions réglementées. Les évolutions récentes de l'accès aux études et la territorialisation des capacités d'accueil traduisent une volonté de mieux répartir l'offre de soins, sans pour autant résoudre à court terme la pénurie observée dans plusieurs régions.