Guide éditorial
Comment devenir notaire
Devenir notaire en France suppose un parcours universitaire long et sélectif, suivi d'une formation professionnelle dédiée. Officier public ministériel nommé par le garde des Sceaux, le notaire perçoit une rémunération nette médiane de 3 710 euros mensuels en début et milieu de carrière, avec d'importantes disparités selon le statut, salarié ou associé.
Un cursus universitaire en droit jusqu'au master
L'accès à la profession notariale exige obligatoirement un master 2 en droit, idéalement en droit privé, droit notarial, droit immobilier ou droit des affaires. Le parcours débute par une licence en droit (trois ans), socle théorique indispensable couvrant le droit civil, le droit des obligations, le droit des biens et le droit des sociétés. Vient ensuite un master 1, puis un master 2 spécialisé. Les mentions les plus pertinentes incluent le droit privé et les sciences criminelles, le droit social ou encore les spécialités de contentieux et de droit patrimonial. Certaines universités proposent un master 2 « droit notarial », particulièrement recherché car il prépare directement aux concours d'entrée des centres de formation professionnelle. La sélectivité y est forte : les places sont limitées et le niveau attendu en droit civil et fiscal reste exigeant tout au long du cursus.
Deux voies professionnelles après le master
À l'issue du master 2, deux filières coexistent. La voie universitaire conduit au diplôme supérieur du notariat (DSN), obtenu après un master 2 « droit notarial » suivi de deux années de stage rémunéré en office, complétées par la rédaction d'un rapport de stage et la soutenance de quatre semestrialités. La voie professionnelle, dite des Instituts des Métiers du Notariat (IMN), s'adresse aux titulaires d'un master 2 en droit. Elle dure trente-et-un mois, alternant cours théoriques et stage en office notarial, et débouche sur le diplôme de notaire. Le concours d'entrée en IMN est sélectif. Dans les deux cas, le candidat doit également satisfaire à des conditions de moralité et de nationalité, l'exercice étant réservé aux ressortissants français ou européens. La prestation de serment devant le tribunal judiciaire conclut le parcours.
Statut, installation et rémunération
Le notaire diplômé peut exercer comme salarié dans un office ou s'installer comme titulaire, en achetant des parts d'une étude existante ou en candidatant à un office créé dans le cadre de la loi Macron de 2015, qui a libéralisé partiellement l'installation par tirage au sort dans les zones identifiées comme déficitaires. Le notaire salarié perçoit une rémunération nette médiane de l'ordre de 3 710 euros mensuels, tandis qu'un notaire associé peut prétendre à des revenus très supérieurs, fonction du chiffre d'affaires de l'office. Le statut hybride d'officier public ministériel implique une délégation de la puissance publique pour authentifier les actes, tout en exerçant une activité libérale. La responsabilité civile professionnelle est engagée sur l'ensemble des actes rédigés, ce qui impose une rigueur et une formation continue tout au long de la carrière.
Perspectives et conditions de retraite
La profession compte environ 17 000 notaires en France, répartis dans près de 7 000 offices. Les départs à la retraite et l'ouverture progressive de nouveaux offices ouvrent des perspectives réelles d'installation, particulièrement pour les jeunes diplômés acceptant une mobilité géographique. Les domaines de spécialisation se diversifient : droit de la famille, droit immobilier, droit rural, droit des entreprises, ingénierie patrimoniale. La pension projetée à 67 ans s'établit autour de 3 140 euros bruts mensuels pour un parcours complet, dans le cadre du régime de retraite spécifique aux notaires, géré par la Caisse de prévoyance et de retraite des notaires (CPRN). Ce niveau de pension, supérieur à la moyenne nationale, reflète les cotisations élevées versées tout au long de la carrière et la durée habituellement longue d'exercice.
Le notariat reste une profession exigeante, accessible par un parcours long et sélectif mêlant formation universitaire en droit et spécialisation professionnelle. Les évolutions récentes du cadre d'installation et la diversité des spécialisations offrent des perspectives renouvelées, dans un cadre statutaire stable qui garantit une rémunération solide et une couverture retraite avantageuse pour celles et ceux prêts à investir dans un cursus de sept à huit années.