Parcours filière · Du bac à la retraite
Médecin généraliste libéral
Devenir médecin généraliste libéral demande au moins neuf années d'études après le bac, pour un revenu net médian de 3 710 €/mois en équivalent temps plein et une pension projetée à 67 ans de 5 208 €/mois brut au régime CARMF.
Voir la fiche métier complète Médecin généraliste (ROME J1102) — régime retraite : CARMF.
Études (avant entrée dans la vie active)
L'accès se fait après un bac général à dominante scientifique, via le PASS (parcours accès santé) ou la L.AS (licence avec accès santé), qui ont remplacé la PACES en 2020. La sélection en fin de première année reste très exigeante. Suivent six années de formation théorique et clinique (externat), validées par les ECN (épreuves classantes nationales) en sixième année. Le classement détermine la spécialité et la région. L'internat de médecine générale dure trois ans, en stages hospitaliers et en cabinet, rémunérés entre 1 500 € et 2 800 € net selon l'ancienneté. La soutenance d'une thèse d'exercice clôt le cursus, soit neuf années au minimum après le bac, parfois dix avec un redoublement ou un master recherche.
Premier emploi (5 premières années)
À l'issue de l'internat, beaucoup commencent par des remplacements en cabinet libéral, rémunérés en moyenne 350 à 500 € par jour de garde ou de consultation. Cette phase permet de tester différents modes d'exercice avant de s'installer. L'installation en libéral, souvent vers 28-30 ans, se fait en cabinet de groupe, en maison de santé pluriprofessionnelle ou en reprise de patientèle. Le revenu net démarre autour de 3 000 à 3 500 €/mois, le temps de constituer une patientèle et d'absorber les charges (URSSAF, CARMF, RCP, loyer du cabinet). Le conventionnement secteur 1 reste la norme. L'inscription au Conseil de l'Ordre et l'affiliation à la CARMF sont obligatoires dès le début de l'activité libérale.
Milieu de carrière (30-50 ans)
C'est la période de pleine activité, avec une patientèle stabilisée à 800-1 500 patients réguliers. Le revenu net médian atteint 3 710 €/mois en équivalent temps plein, pour 45 à 55 heures hebdomadaires réelles, gardes incluses. Certains développent des orientations complémentaires : gériatrie, médecine du sport, échographie, homéopathie, gynécologie, hypnose médicale, validées par des DU ou des capacités. D'autres s'investissent dans la maîtrise de stage universitaire, accueillant des internes en stage ambulatoire (SASPAS). L'exercice en maison de santé pluriprofessionnelle se généralise, avec un partage des charges et des outils. Les zones sous-dotées (ZIP) offrent des aides à l'installation et des majorations conventionnelles. La charge administrative (téléconsultation, ROSP, dossier médical partagé) prend une part croissante du temps de travail.
Fin de carrière (50-62 ans)
Les revenus restent stables ou progressent légèrement grâce à l'ancienneté de la patientèle et à une organisation rodée. Beaucoup réduisent leur volume horaire en passant de 50 à 35-40 heures hebdomadaires, en abandonnant les gardes de nuit et en limitant les visites à domicile. La transmission devient un enjeu : recherche d'un successeur, association progressive avec un jeune confrère, cession de patientèle. La fatigue physique et la lourdeur de la responsabilité médicale (pression diagnostique, judiciarisation) pèsent davantage. Certains diversifient en médecine de coordination en EHPAD, en expertise judiciaire, en médecine scolaire ou en santé au travail, métiers salariés moins exposés. La préparation de la retraite passe par le rachat éventuel de trimestres et l'optimisation des cotisations CARMF en classes supérieures.
Retraite (à partir de 62-67 ans)
Le départ se fait majoritairement entre 65 et 67 ans pour bénéficier du taux plein, le régime de base étant aligné sur le droit commun depuis 2023 (64 ans à terme). La pension est servie par la CARMF et se compose de trois étages : régime de base, régime complémentaire vieillesse, et ASV (Allocation supplémentaire vieillesse). Pour une carrière complète en libéral, la pension brute projetée atteint environ 5 208 €/mois à 67 ans. Le cumul emploi-retraite est très répandu : près d'un tiers des médecins retraités poursuivent une activité réduite, exonérée de cotisations CARMF depuis 2023 dans la limite d'un plafond. Cette poursuite répond à la fois à une demande personnelle et au manque de médecins dans les zones sous-denses.
Synthèse
Sur 35 à 40 ans d'exercice libéral, un généraliste cotise environ 600 000 à 750 000 € auprès de la CARMF, tous régimes confondus. Avec une espérance de vie de 23 ans après 67 ans, il percevra de l'ordre de 1,4 à 1,5 million d'euros bruts de pension, soit un rendement parmi les plus favorables des régimes professionnels français.